L'augmentation de la charge de travail et la crise sanitaire ont provoqué une flambée des congés de maladie de courte durée

Auteur: Partena Professional (HR Service Provider)
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En 2021, près de 2,5% de l’ensemble des heures de travail ont été perdues. En cause? Les congés de maladie de courte durée. “C’est le pourcentage le plus élevé de ces cinq dernières années”, déclare le professeur de médecine du travail Lode Godderis. “Et les raisons qui expliquent le phénomène sont claires.”

Les congés de maladie de courte durée sont définis comme des absences du travail d'une durée inférieure à un mois. Dans les entreprises privées, le nombre moyen de jours de maladie l'année dernière était de 6,5 par employé. Il s'agit du chiffre le plus élevé enregistré en Belgique ces cinq dernières années. “Bien entendu, la pandémie de coronavirus et le variant Omicron n’y sont pas étrangers”, estime Lode Godderis, professeur de médecine du travail et directeur général d'IDEWE, service externe pour la prévention et la protection au travail.

Cette tendance s'est poursuivie en janvier et février de cette année, le coronavirus ayant entraîné l'arrêt de travail de nombreuses personnes pendant des périodes allant d'une semaine à dix jours. Durant les moments où le virus a circulé moins intensément l'année dernière et où le télétravail était plus systématique, les congés de maladie de courte durée ont été nettement moins nombreux. À la maison, les salariés ont clairement tendance à continuer à travailler même lorsqu'ils se sentent moins bien. Beaucoup ne sollicitent alors pas le médecin pour obtenir un certificat.

Pénurie sur le marché du travail

La pandémie n'est toutefois pas seule responsable du taux élevé d'absentéisme à court terme en 2021. La pénurie sur le marché du travail est un facteur amplificateur, selon Lode Godderis. Lorsque les collègues s’absentent, leur charge de travail se reporte souvent vers leurs collègues, qui risquent à leur tour de devoir jeter l’éponge. Les causes les plus fréquentes de maladie sont les problèmes de santé mentale chez les travailleurs intellectuels et les troubles musculosquelettiques chez les personnes pratiquant un travail physique. Par ailleurs, les courtes absences du travail peuvent s'étendre à des absences à moyen terme – plus d'un mois, voire une année ou davantage.

Le nombre de personnes en invalidité augmente au fil des ans, ce qui implique qu'elles sont absentes pendant plus de 12 mois. “Cela s'explique en partie par le vieillissement de la population salariée”, avance Lode Godderis. “L'âge moyen des employés belges ne cesse de croître. Or, plus les gens vieillissent, plus ils risquent de développer une maladie chronique.” Ce n'est pas tout: un tiers des personnes en situation de handicap le sont en raison de problèmes de santé mentale, tels que l'épuisement professionnel, la dépression et les troubles anxieux. Cette part, elle aussi, s’accroît chaque année.

Les entreprises peuvent agir

Commet les employeurs peuvent-ils réduire la charge de travail et le stress de leur personnel et, partant, le taux d'absentéisme? D’abord, il convient de se faire une idée précise de la situation. “Les entreprises et les chefs d'équipe doivent fréquemment s’interroger sur le bien-être de leurs effectifs. Ils pourront ainsi prendre conscience très tôt d’une baisse de motivation, d’une hausse de la charge de travail ou d’autres problématiques. Et de cette manière, des solutions individuelles appropriées peuvent être recherchées en temps utile.”

En cas d’absence, les entreprises devraient maintenir le contact avec leurs employés, “bien que les managers n’y soient pas toujours favorables”. Continuer de se parler dans les périodes difficiles évite de briser le lien entre les employés et leur employeur. En renforçant l'implication, la flexibilité et l'autonomie de leur personnel, les entreprises agissent de manière préventive pour réduire l'absentéisme – par le biais de formations, de possibilités de travail à domicile et de programmes de développement, par exemple. “Elles doivent également tenir compte des préférences individuelles de leurs employés”, conclut Lode Godderis.

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