“La motivation intrinsèque résiste au coronavirus”

Auteur: Partena Professional (HR Provider)
Temps de lecture: 4min

Une gestion des ressources humaines durable favorise la motivation intrinsèque des travailleurs. Or, pendant et après la crise sanitaire, cette dernière s’avère plus importante que jamais. “La motivation intrinsèque est non seulement beaucoup plus puissante que la motivation extrinsèque, mais elle dure plus longtemps”, juge Bart Henssen.

Comment définir une gestion durable des ressources humaines? Pour clarifier le concept, Bart Henssen, qui dirige le Center for Sustainable Entrepreneurship à la haute école Odisee, oppose les ressources humaines durables aux ressources humaines stratégiques.

“En GRH stratégique, vous intégrez le travailleur dans les objectifs stratégiques de l’organisation. Dans la GRH durable, vous n’oubliez pas l’objectif de l’organisation, mais vous mettez en place une plus grande équivalence entre le travailleur et l’employeur. La GRH durable intègre des paramètres sociaux, écologiques, humains et financiers.”

“Voilà pour la théorie. Dans la pratique, si certaines entreprises prennent l’initiative, peu d’entre elles parviennent à mettre réellement en place une GRH durable intégrée. Dans la plupart des cas, cela reste fragmentaire.”

Sentiment de propriété

La GRH durable présente pourtant de nombreux avantages. “Cette équivalence entre les parties correspond nettement mieux aux carrières hybrides actuelles, dans lesquelles les travailleurs adaptent leur emploi à la phase de vie qui est la leur à l’instant T, ainsi qu’aux besoins du moment”, argumente Bart Henssen. La GRH durable implique en effet que les deux parties se rejoignent pour une fonction ou une mission donnée.

Bart Henssen y ajoute un élément incontournable: le sentiment de propriété, qui “dépasse le sentiment que l’entreprise vous appartient en partie. La propriété implique que le collaborateur dispose d’une grande autonomie, qu’il peut contribuer à l’entreprise et qu’il manifeste des connaissances que les personnes extérieures ne possèdent pas. Il s’agit d’un facteur crucial dans le succès de certains changements, comme après cette crise.”

Surcroît de stress

“La GRH durable et le sentiment de propriété réveillent la motivation intrinsèque des collaborateurs”, poursuit l’expert. Contrairement aux motivateurs extrinsèques comme le salaire, les conditions de travail, les bonus, la personnalité du dirigeant et les relations avec les collègues, la motivation intrinsèque provient de l’emploi proprement dit.

“La motivation intrinsèque trouve son origine dans des facteurs comme l’épanouissement personnel, l’autonomie, le développement professionnel. C’est une motivation beaucoup plus puissante que la motivation extrinsèque, et elle dure plus longtemps: alors que le bonus est déjà oublié, le collaborateur qui peut travailler en toute autonomie conservera sa motivation.”

La crise sanitaire que nous avons vécue a un impact immédiat sur la motivation extrinsèque, indique encore Bart Henssen. “La sécurité de l’emploi est sous pression, les collaborateurs doivent renoncer à une partie de leurs rémunérations, le virus compromet la sécurité des conditions de travail, les dirigeants peinent à gérer le travail à domicile et nous ne voyons plus nos collègues… À cela s’ajoutent des facteurs de stress externes tels que les préoccupations pour la santé des amis et de la famille. Tous ces éléments auront des répercussions sur la motivation et, en fin de compte, le bien-être des collaborateurs.”

Effet positif

Cette crise offre également des opportunités, nuance Bart Henssen, en ceci qu’elle révèle plusieurs éléments de propriété et de motivation intrinsèque. “Les collaborateurs bénéficient d’une autonomie accrue et ont davantage de possibilités de préserver l’équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée, même si la fermeture des écoles a entraîné des difficultés supplémentaires dans ce domaine. Si la confiance était déjà présente avant la crise sanitaire et que les collaborateurs ont reçu suffisamment d’autonomie ces derniers mois, cette crise peut même avoir un effet positif sur la motivation et le bien-être. En tout cas, nous ne reviendrons pas au business as usual.”

Articles connexes