Digitalisation: 5 conseils pour ne pas en faire tout un plat

Auteur: Partena Professional (HR Service Provider)
Temps de lecture: 3min

Et si la numérisation n’était pas cet Himalaya infranchissable que certains imaginent? Nicolas van Zeebroeck, professeur d'Innovation & Digital Business à la Solvay Brussels School of Economics & Management, confirme que nos PME peuvent facilement démarrer leur transformation grâce aux données qu’elles possèdent.

Certaines PME ont déjà digitalisé leur comptabilité, d’autres ont investi dans un site Web. Chacun envisage la numérisation à son niveau. Néanmoins, Nicolas van Zeebroeck tient à établir une distinction essentielle: “La vraie différence entre la digitalisation et la transformation digitale est le rapport à la technologie. Dans le premier cas, vous numérisez pour renforcer le cœur de métier existant; dans le second, vous redéfinissez voire étendez votre modèle. Nuance.”

Le modèle de l’oignon

Le paysage belge des PME se compose d’entreprises traditionnelles établies depuis un certain temps, et de start-up pour lesquelles la numérisation va de soi. Pour le décrire, le professeur recourt à l’image classique de l’oignon et de ses couches successives: “Si je transpose ce modèle à nos entreprises traditionnelles, elles se digitalisent par l’extérieur: d’abord les aspects de communication, puis la distribution. Une minorité d’entre elles atteindront le centre, là où l’on touche à la redéfinition de l’organisation. Nos PME ont encore du chemin à parcourir.”

“La digitalisation, c’est renforcer son cœur de métier; la transformation digitale, c’est redéfinir son modèle.”

Nicolas van Zeebroeck, professeur d'Innovation & Digital Business à la Solvay Brussels School of Economics & Management

Par étapes

Notre expert est formel: “Digitaliser, ce n’est pas réaliser une rupture complète avec les méthodes en place. Trop d’entreprises en font tout un plat, alors que l’objectif n’est pas de franchir la ligne d’arrivée en une seule enjambée.”

Nicolas van Zeebroeck détecte également un certain conservatisme dans le chef des PME. “On maîtrise généralement bien les modèles traditionnels linéaires, alors que le numérique reste un modèle plus flou. Personne n’aimant perdre le contrôle, on préfère ne pas remettre en question sa conception du business.” Afin de vaincre cette résistance, le spécialiste conseille de ne pas rester seul et de faire appel à des compétences externes publiques – telle Digital Wallonia – ou privées.

Nicolas van Zeebroeck le répète souvent à ses étudiants: “Le numérique n’est qu’un outil. Il est essentiel de garder un esprit critique, de prendre du recul par rapport à la technologie.”

Les 5 conseils de Nicolas van Zeebroeck

  1. Déterminez ce que vous voulez réaliser grâce à la technologie. Il faut choisir son combat pour éviter de s’égarer.
  2. Basculez le plus rapidement possible en mode expérimentation. Oser prendre de petits risques permet d’apprendre plus rapidement.
  3. Considérez le numérique comme un élément au cœur de l’entreprise et non à la marge. Inutile de créer une sorte de concurrence interne. Pensez “omnicanal” au lieu de “multicanal”.
  4. Plongez en priorité dans vos propres données. Les informations de votre écosystème sont à portée de main (SAV, statistiques Web, fournisseurs, etc.). Utilisez-les.
  5. Prenez du recul pour comprendre ce que la digitalisation signifie dans votre secteur d’activité. Un acteur disruptif (inattendu) pourrait-il soudainement apparaître?