Créer sa propre entreprise : se lancer ou attendre encore un peu ?

Auteur: Partena Professional (HR Service Provider)
Temps de lecture: 5min

Oui, certains starters hésitent encore à faire le grand saut. Et oui, il reste beaucoup d'argent sur le marché.

“Un entrepreneur avisé m'a dit un jour qu’avec les deux pieds sur terre, on n'avance pas: il faut oser sauter!”, sourit Sven De Cleyn, directeur d'imec.istart.

“Paradoxalement, c’est peut-être le bon moment pour démarrer une entreprise, même si la situation est bien sûr spécifique à chaque secteur.”

Sven De Cleyn, manager d’imec.istart

Sven De Cleyn a cofondé imec.istart, un programme d’accélération destiné aux start-up technologiques. “Nous les aidons à devenir des entreprises à part entière et jouons un rôle actif d'accompagnement dans tout ce qui a trait au financement. Quelle est la bonne stratégie de financement et à qui s'adresser pour en obtenir un? Je suis également directeur général de l'imec.istart Fund, notre propre fonds d'investissement, qui nous permet d'investir dans des start-up par le biais de petites prises de participation.”

Semer maintenant, récolter après le coronavirus

Depuis sa création, imec.istart a accompagné 220 start-up et scale-up. Le moment est-il mal choisi pour se lancer, au vu du contexte sanitaire et économique?

“Paradoxalement, c'est peut-être le bon moment pour créer une nouvelle entreprise, même si la situation est bien sûr spécifique à chaque secteur. Car avant de se lancer réellement sur le marché, il y a énormément de travail de préparation, à plus forte raison si vous voulez développer un nouveau produit ou logiciel. Il est alors d'autant plus pertinent de nager à contre-courant du cycle économique et de commencer lorsque le contexte est le moins favorable: lorsque vous aurez achevé ce travail préalable, le marché se redressera et vous pourrez en profiter pleinement! Personne ne sait quand l'horizon sera à nouveau dégagé mais il faut s'y préparer quoi qu’il arrive. En outre, une fois votre produit prêt à être commercialisé, chaque mois d'attente correspond à un manque à gagner potentiel.”

Croissance rapide

Fait frappant: environ une start-up sur trois dans le portefeuille d'imec.istart croît très rapidement. Encore plus vite qu'avant la crise.

“Pensez aux start-up qui traitent les commandes des plateformes alimentaires en ligne”, illustre Sven De Cleyn. “Ce genre d'entreprise se développe fortement car il s’agit d’un marché en plein essor. Il en va de même pour les start-up actives dans les soins de santé mobiles. Des investissements massifs sont consentis par les entreprises qui surfent sur cette vague de numérisation. Dans le cadre de notre portefeuille, nous travaillons avec des start-up actives dans la sphère des technologies numériques, et là, le champ de bataille s’avère nettement moins vaste.”

Oui, il reste de l'argent sur le marché

Les start-up ambitieuses pensent très tôt à s'étendre au-delà de leurs frontières et doivent dès lors chercher des capitaux supplémentaires pour se développer à l'international.

“Il reste suffisamment d'argent sur le marché aujourd'hui”, assure Sven De Cleyn. “Lorsque les fonds de placement récoltent des moyens financiers, ils disposent d'une échéance de cinq ans pour les dépenser dans des entreprises dans lesquelles ils investissent pour la première fois. C’est pourquoi les fonds qui ont levé des capitaux ces dernières années pour commencer à investir doivent à présent les dépenser afin d’obtenir un retour sur le capital collecté. Si la crise du coronavirus a un effet sur les investissements, nous le constaterons avec un retard de trois à cinq ans.”

Capital international

“Nous nous dirigeons vers une année record en termes de fonds collectés. Non seulement la qualité des start-up belges s'est considérablement accrue ces dernières années, mais la visibilité de nos fleurons technologiques auprès des investisseurs étrangers s’est améliorée d’autant. Ce qui attire les capitaux internationaux.”

Quel est le meilleur endroit pour collecter des fonds? “Ces dernières années, les banques sont devenues beaucoup plus actives dans l'octroi de prêts aux starters”, répond Sven De Cleyn. “Nous sommes nous-mêmes présents dans cette phase initiale, tout comme les business angels. La prochaine phase sera celle des fonds de capital-risque, en particulier pour les entreprises technologiques. Et n'oubliez pas le financement par les particuliers: les campagnes de crowdfunding, qui prévoient une sorte de prévente de votre produit, sont très intéressantes pour le B2C. Vous générez un chiffre d'affaires plus tôt dans votre parcours, et vous vous faites en même temps un nom auprès de vos futurs clients.”

Oser sauter

Sven De Cleyn conclut par un message positif: “Il est de notre devoir de continuer à innover et à trouver de nouvelles idées. Il n’y a jamais de mauvais moment pour cela. Un entrepreneur avisé m'a dit un jour: avec les deux pieds sur terre, on ne peut pas avancer. Il faut oser sauter comme un débutant. Parfois on échoue, parfois pas!

 

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