Un salarié de moins de 35 ans sur deux est insatisfait de son emploi

Auteur: Partena Professional (HR Service Provider)
Temps de lecture: 3min

Seuls 46% des jeunes employés belges sont réellement satisfaits de leur travail. Un sur cinq envisage même de changer d'emploi cette année. C'est ce que révèle une étude menée par Hallelujah, une société qui aide les entreprises à accroître la satisfaction au travail de manière durable, en collaboration avec iVOX. L’éclairage de Karolien Hendrikx, coordinatrice de l'enquête.

Si l’on en croit un échantillon représentatif de plus de 1.000 Belges actifs et de 250 professionnels des RH, près de la moitié des salariés belges de moins de 35 ans sont insatisfaits de leur emploi actuel. “C'est un chiffre assez élevé”, souligne Karolien Hendrikx, maître de conférences en psychologie organisationnelle à l'Open Universiteit, qui a participé de près à l'enquête.

À ses yeux, une cause importante de ce niveau d'insatisfaction parmi les jeunes employés réside dans le manque de possibilités de développement personnel. “Les jeunes talents veulent avoir l’occasion d'évoluer dans leur emploi actuel. Ils désirent des possibilités de formation et de développement.”

Dilution

La crise sanitaire peut avoir joué un rôle, elle aussi. “De nombreuses personnes ont eu le temps de réfléchir au contenu de leur emploi actuel”, note Karolien Hendrikx. “Et toutes ces réunions vidéo ont dilué le contact informel entre les employés.”

Avec les employés plus âgés, c'est tout le contraire. Près de 65% des plus de 55 ans donnent une note de satisfaction de huit ou plus sur dix. “Ce n'est pas surprenant. La plupart des études montrent que les employés plus âgés sont en moyenne plus satisfaits de leur emploi que les plus jeunes, car ils ont déjà eu une carrière complète. Ils savent mieux ce qu'ils veulent et, au fil des ans, ils sont parvenus à adapter leur emploi à leurs talents et à leurs besoins.”

Être soi-même

L'étude montre que presque tous les employés, quel que soit leur âge, ont besoin d'être reconnus. Les employeurs et les professionnels des RH belges en sont-ils suffisamment conscients?

“Il reste du pain sur la planche”, répond Karolien Hendrikx. “Les managers et les employeurs doivent se concentrer davantage sur la valorisation et la reconnaissance des personnes dans leur travail. Ils doivent soutenir leurs employés et leur donner le sentiment qu'ils font vraiment la différence. Ce faisant, ils stimulent directement la satisfaction au travail.”

Il est tout aussi crucial de créer une sécurité psychologique au sein de la culture d'entreprise. “Les gens doivent sentir qu'ils peuvent être eux-mêmes, donner leur avis et exprimer leurs préoccupations dans leur travail.”

Maintenant ou jamais

En outre, les entreprises doivent mettre sur pied un plan de fidélisation qui harmonise les différentes générations. “Nous savons déjà que le développement personnel est l'un des principaux facteurs de motivation pour le groupe des jeunes”, argumente Karolien Hendrikx. “Les employés plus âgés, en revanche, attachent davantage d'importance à un lieu de travail adapté.”

Dans les années à venir, les entreprises devront tout mettre en œuvre pour stimuler et maintenir la motivation et la satisfaction professionnelle de leur personnel. “La guerre des talents oblige les entreprises à adopter une politique réfléchie dans ce domaine”, conclut Karolien Hendrikx. “Si elles veulent être en mesure d'étendre et de renforcer leur marque employeur dans les années à venir, et donc devenir plus attrayantes pour les talents internes et externes, elles feraient mieux de s'y atteler dès à présent!”

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