RH pour les PME: la fin du bricolage

Auteur: Partena Professional (HR Service Provider)
Temps de lecture: 3min

Les PME sont confrontées à des défis RH qui diffèrent fréquemment de ceux que doivent relever les grandes entreprises. Tout faire en interne, comme avant, n'est pas toujours la meilleure approche. Elke Wambacq, chargée de cours en RH pour les PME (HoGent), fait le point.

“Prenez le taux de rotation: pendant la pandémie, beaucoup de gens ont commencé à se demander s'ils voulaient continuer à exercer leur emploi”, avance Elke Wambacq, chargée de cours dans le cadre du troisième cycle de RH pour PME à la HoGent et experte en RH chez Dinobusters. “Lorsqu'un collaborateur décide de prendre une autre orientation, le contrecoup peut être lourd pour une PME. Dans les grandes entreprises, c'est courant, mais pour une PME, ne pas le prendre personnellement relève souvent de la gageure.”

Renouer le contact

Au sein des PME, un blocage s'est créé parmi les collaborateurs face à la reprise de contact. “Retrouver un sentiment d’appartenance est un défi majeur. Pour la direction comme pour les RH.”

“Les entreprises doivent prendre le temps de réfléchir stratégiquement à l’orientation qu'elles veulent suivre et à ce dont elles ont besoin pour y parvenir”, souligne Elke Wambacq. “Le groupe est très important à cet égard.” À plus forte raison dans une PME. “Il faut rassembler les troupes, regarder vers l'avenir et formuler une politique efficace.”

Penser à une politique RH solide et à l'implication des salariés n'est pas pratique courante dans toutes les PME. La crise sanitaire a créé un sentiment d'urgence. Certaines PME ont besoin de se relever, tandis que d'autres pourraient se développer grâce à la crise et n'y parviennent pas.

“La gestion organisationnelle n'est généralement pas possible avec les outils traditionnels qu'elles utilisaient jusqu'à présent. Autrefois, les RH se limitaient à verser les salaires, à organiser les congés et à veiller au bon déroulement des opérations. Aujourd'hui, l'accent est placé sur les ‘RH douces’: comment faire en sorte que nos collaborateurs soient en bonne santé et satisfaits de leur travail? C'est une réflexion nettement plus stratégique.”

Leadership partagé

Il existe un risque que les PME pèchent par excès de formalisation. “Les petites et moyennes entreprises ont parfois tendance à définir un grand nombre de procédures pour obtenir le plus grand contrôle possible sur ce qui se passe”, note Elke Wambacq. “En standardisant tout, on contrôle mieux mais on risque de devenir trop directif en tant que PME.” La flexibilité est cruciale dans ce contexte.

Le plus grand défi pour les PME, dans les mois à venir, est d'ouvrir leur leadership au reste de l'entreprise. De nombreuses PME sont dirigées par un “founding father” qui a créé l'entreprise par passion.

“Ils doivent établir un lien de confiance avec leurs collaborateurs afin d’assumer ensemble le leadership”, conclut Elke Wambacq. “La direction estime encore trop souvent qu'elle sait ‘comment faire’ au motif qu'elle le fait depuis de longues années déjà. Or, le mouton à cinq pattes, le leader parfait, n'existe pas.”

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