Le nouveau manager comme moteur d’un collectif hybride

Auteur: Partena Professional (Marketing)
Temps de lecture: 4min

“Les programmes de leadership doivent laisser la place à une réflexion en profondeur.” 

Qu'attend-on du manager aujourd’hui? Qu’il soit plutôt coach ou boss? La réponse est étroitement liée à la transformation digitale de nos entreprises et à la crise sanitaire. Le nouveau manager est celui qui gère un collectif hybride, entre travail à distance et collaboration sur site. Une nouvelle ère de réflexion est engagée. 

Le rôle du manager: voici un sujet qui anime les débats depuis des décennies. Aux yeux de François Pichault, professeur titulaire à HEC Liège et directeur du LENTIC (Laboratoire d’études sur les nouvelles formes de travail, l’innovation et le changement), parler de style managérial, c’est avant tout distinguer trois grandes périodes. “Dans les années 60, en pleine activité industrielle, le manager portait la casquette de contrôleur. Vingt ans plus tard, il jonglait avec les soft skills… même s’il faut reconnaitre que la rhétorique l’emportait encore souvent sur la pratique. Aujourd’hui, le manager s’inscrit dans un monde numérique bousculé par une crise. Ses effectifs se sont métamorphosés en un collectif hybride.” 

Réflexion en profondeur 

Du côté des collaborateurs, l’enjeu n’est plus la disparition du métier mais bien l’automatisation et la collaboration avec la machine. “Les programmes de leadership dont les entreprises classiques étaient friandes jusqu’ici doivent laisser la place à une réflexion en profondeur: comment faire vivre un collectif devenu soudainement hybride et comment définir la raison d’être du travail en présentiel”, pointe l’expert. “Pour le manager, cela se traduit en une gestion des compétences collectives plutôt que par juxtaposition des compétences individuelles.” 

Le retour des compétences métiers 

Selon les observations de François Pichault, la vraie surprise dans la transformation du rôle des managers est le retour des compétences métiers. “En raison de la virtualisation et de l’automatisation, on revient à un rôle d’animateur capable de servir de ressource aux équipes. Une sorte de back to basics à la sauce numérique. Le manager devient l’interlocuteur des collaborateurs face à la transformation digitale. Les compétences métiers du nouveau manager sont donc cruciales.” 

Réinventer son style managérial 

La crise sanitaire a secoué plus d’un management. Nous sommes ainsi passés de moins de 20% de télétravailleurs à 100% pour la moitié de la population active en Belgique, avance François Pichault. “Or, notre tissu économique est principalement constitué de PME. Ce brusque effet de masse est un électrochoc. Mais je constate avec surprise que les mentalités se sont adaptées. Beaucoup d’organisations sur lesquelles je n’aurais pas misé voici quelques mois ont changé de cap et réinventé leur style managérial. Seules 25% d’entre elles attendent impatiemment de revenir à la situation d’avant la crise.” 

Culture managériale partagée 

En définitive, faut-il changer les managers ou le style de management? “La clé est une culture managériale partagée par une équipe de direction qui soutient la confiance, des processus RH basés sur des objectifs et, last but not least, une culture centrée sur l’humain”, répond François Pichault. “Un travail de coaching et d’échange qui démontrera très vite s’il est temps de changer le casting de votre management.” 

Raison d’être du travail en présentiel 

Pour les managers, cette nouvelle ère de travail à distance n’est pas à sous-estimer. Le futur s’étant rapproché plus vite que prévu, François Pichault conseille d’oser apprivoiser la “nouvelle norme”. “Le rôle du manager est aussi de définir, avec son équipe, la raison d’être du travail en présentiel. Inutile de venir au bureau pour réaliser des tâches qu’on effectue souvent mieux à domicile! Le présentiel doit servir de moment d’échange dont le manager est le nouveau moteur.” 

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