Le management “sur mesure” peut prévenir un burn-out

Auteur: Partena Professional (HR Service Provider)
Temps de lecture: 3min

Les personnes en burn-out ne l’ont souvent pas vu venir. La psychologue Dorien Zelderloo détaille de quelle façon les chefs d'équipe et les managers peuvent reconnaître les signes précurseurs d'épuisement professionnel chez leurs employés.

Ces quatre dernières années, le nombre de personnes souffrant d'épuisement professionnel ou de dépression à long terme a augmenté de plus de 40%, selon les chiffres de l'INAMI. Avant le coronavirus, un Flamand sur six était aux prises avec des symptômes ou des éléments caractéristiques d'un épuisement professionnel, et la pandémie n'a fait qu'accélérer cette tendance.

C'est l'avis de la psychologue Dorien Zelderloo, qui a vu davantage de patients se plaindre de burn-out au cours de l'année écoulée. “De nombreux cas échappent aux radars. Certaines personnes continuent de travailler, même en étant complètement épuisées.”

Vouloir mais ne pas pouvoir

Il faut savoir qu’en général, le burn-out n'est pas seulement une conséquence de la façon dont une personne vit son travail: il est également déclenché par des éléments de la sphère privée et par des traits de personnalité. “La façon dont une personne envisage la vie, le soutien qu'elle reçoit de son environnement, les événements dramatiques et même l'hérédité peuvent jouer un rôle”, indique Dorien Zelderloo.

Le burn-out est une maladie de l'épuisement ou un trouble de l'énergie caractérisé par le fait que les personnes veulent encore travailler mais n'en sont plus capables. L'épuisement professionnel est généralement précédé d'un stress chronique et de long terme, lié ou non au travail, qui fait basculer les personnes dans la surchauffe.

Quatre symptômes

Dans cette phase, mais aussi avant, les managers peuvent faire la différence. Les personnes qui risquent l'épuisement professionnel présentent quatre symptômes fondamentaux. Elles sont perturbées sur le plan cognitif et émotionnel, proches de l'épuisement physique et s'éloignent mentalement de leur travail, de leurs collègues, de leur famille et de leurs amis.

“Le raisonnement logique, la concentration et la mémorisation deviennent difficiles pour ces personnes, qui commettent donc des erreurs”, illustre Dorien Zelderloo. “Il leur est compliqué de mettre les choses en perspective. Elles peuvent finir par être submergées et ne sont plus en mesure de relativiser. Ces personnes sont souvent irritables: elles s'énervent facilement ou souffrent d'accès de colère ou de crises de larmes. En conséquence, une petite action, comme préparer un café ou répondre au téléphone, peut leur sembler nécessiter un grand effort.”

Manque de motivation

Les travailleurs au bord de l'épuisement peuvent aussi être plus cyniques et se distancier de leur environnement. “Cela ressemble à un manque de motivation mais c'est en fait un moyen de réduire le stress. Les plaintes secondaires comprennent des douleurs musculaires et des signes de dépression, comme le fait de ne plus éprouver de plaisir pour les choses qui les rendaient heureuses.”

Les managers suffisamment attentifs aux signes d'épuisement professionnel chez leurs employés peuvent éviter le pire. “La communication ouverte est la meilleure façon de gérer ce problème”, affirme Dorien Zelderloo. “Le burn-out est fréquemment un sujet tabou. Or, il est extrêmement important de le verbaliser.”

Pic de stress

Le manager peut montrer son engagement mais il doit donner lui-même le bon exemple. “Si un manager envoie des e-mails au milieu de la nuit, il crée une culture dans laquelle la disponibilité permanente est considérée comme normale”, pointe la psychologue.

À ses yeux, “un management ‘sur mesure’ peut contribuer à prévenir l'épuisement professionnel. Certaines personnes trouvent agréable de travailler à domicile, d'autres éprouvent des difficultés à le faire. En déterminant ce qui fonctionne le mieux pour chacun, vous traitez les effectifs de la manière dont ils espèrent être traités.”

Cela s'applique d’ailleurs aux salariés déjà en burn-out à la maison. Certains trouvent formidable que leur manager leur demande régulièrement des nouvelles, tandis que, pour d'autres, cette question provoque un pic de stress dans la phase de récupération.

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