“La semaine de quatre jours ne convient pas à tout le monde”

Auteur: Partena Professional (HR Service Provider)
Temps de lecture: 2min

L'une des nouveautés les plus frappantes du nouveau “deal pour l’emploi” est la semaine de quatre jours. Les travailleurs à temps plein peuvent en effet demander à leur employeur d'effectuer le même travail sur quatre jours au lieu de cinq. “Cette innovation enthousiasme bien peu d’employeurs”, constate Lieven Nissens chez Baker Tilly.

Dans la semaine de quatre jours, une journée de travail compte par exemple 9,5 heures (pour quiconque preste 38 heures par semaine) ou 10 heures (pour une semaine de 40 heures). Les employeurs ont la possibilité d’introduire ce régime par le biais du règlement de travail ou d'une convention collective. Les employés peuvent également prendre l'initiative en adressant une demande écrite à leur employeur. Ce dernier peut accorder la semaine de quatre jours pour une période maximale de six mois, bien qu'une telle demande puisse être renouvelée à chaque échéance.

“Pour l'instant, l'introduction de la semaine de quatre jours suscite peu d'enthousiasme. Seule une PME sur dix en Belgique souhaiterait adopter ce système.”

 

- Lieven Nissens, HR Consultancy Director chez Baker Tilly

Peu d'enthousiasme

Ce règlement vise à améliorer l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée et à prévenir l'épuisement professionnel. Mais il permet aussi aux entreprises de réduire leur empreinte écologique, puisque les employés se rendent au bureau un jour de moins par semaine.

“L'employeur peut refuser la demande sous réserve d'une justification claire”, indique Lieven Nissens, HR Consultancy Director chez Baker Tilly, spécialiste en comptabilité, conseil aux entreprises et services RH. “Les entreprises peuvent décider de ne pas introduire le système pour des raisons organisationnelles, parce qu'il met en péril la continuité des activités par exemple.”

 

Pour le moment, Lieven Nissens ne constate pratiquement aucun changement sur le marché du travail pour ce qui concerne la semaine de quatre jours. C’est l’attentisme qui prévaut parmi les entreprises. “Le système n'éveille pas spécialement d'enthousiasme. De récents sondages révèlent que seule une PME sur dix en Belgique souhaite planifier la semaine de travail à temps plein sur quatre jours.”

Période d'essai

“Pour les petites entreprises, ce projet me semble irréalisable”, reprend Lieven Nissens. “Le travail pourrait ne pas être suffisamment réparti entre les employés.”

Dans les entreprises où les horaires de travail peuvent être alignés, une politique appropriée est nécessaire. À défaut, des problèmes de productivité se poseront dans les équipes où certaines personnes travaillent quatre jours et d'autres cinq jours par semaine. “La communication entre les managers et les employés est ici indispensable. Une enquête peut être organisée auprès des employés sur le sujet. Ainsi, les entreprises sauront de quelle façon leurs collaborateurs perçoivent la semaine de quatre jours.”

Les entreprises qui décident d'introduire le système après consultation et une analyse transparente ont tout intérêt à commencer par une période d'essai. “Dans un délai d'un à six mois, elles évalueront le niveau de confort procuré par ce système, et ses effets sur la productivité et la satisfaction des clients, notamment.”

Incertitudes

Certaines incertitudes subsistent, malheureusement. Par exemple, dans le cadre d'une semaine de quatre jours, les collaborateurs ne pourront plus prétendre au crédit-temps à 1/5. Pour y avoir droit, la semaine de travail de cinq jours est une condition sine qua non… “On ignore encore si la législation sur le crédit-temps sera adaptée en conséquence”, conclut Lieven Nissens.

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