Génération Z ou Y ? On s’y perd ! 7 pistes d’orientation

Auteur: Julie de Partena Professional
Temps de lecture: 7min

Ces dernières années, nous avons assisté à une déferlante de jeunes actifs qui veulent plus que simplement travailler : à la rencontre des millenials. Ils sont en quête de sens et de satisfaction, d’épanouissement. Et si l’occasion se présente, ils aspirent à un juste équilibre entre travail et vie privée.

Aujourd’hui, cette nouvelle génération constitue une part importante du contexte professionnel de nos organisations. Or, à peine venons-nous de nous habituer à ces millenials, également appelés Generation Y, que nous devons nous préparer à l’arrivée de la Generation Z. Un facteur à ne pas négliger dans nos stratégies RH, car bientôt, ces jeunes vont, eux aussi, représenter une partie substantielle de nos entreprises. Mais quelles sont les différences entre les générations Y et Z ? Et que faut-il absolument savoir à leur sujet ?

La génération Y ? Une concentration légèrement plus marquée. La génération Z ? Des virtuoses du fonctionnement multitâche.

Les personnes nées après 1995 vivent dans un monde de mises à jour et de notifications push incessantes sur WhatsApp, Snapchat, Slack, Facebook et bien d’autres encore. Ce qui explique que cette génération traite les informations beaucoup plus rapidement que les précédentes. Son temps de concentration moyen est d’environ 8 secondes. Celui des millennials, la génération Y, est de 12 secondes, soit un tiers de plus.

Il ne faut donc pas s’étonner si la génération Z est moins focalisée. Mais cela signifie aussi que la génération Z maîtrise le multitasking mieux encore que la génération Y. Ses représentants prennent des notes sur OneNote, afin de continuer à travailler sur leur GSM, ils effectuent des recherches sur leur smartphone ou leur tablette, travaillent sur leur ordinateur portable tout en regardant la télévision ou en passant des appels FaceTime à leurs amis ou à leur famille. La génération Z maîtrise donc mieux que quiconque l’art de sauter d’un projet ou d’un travail à un autre, quel que soit le nombre de distractions présentes dans son environnement. Imaginez un peu l’influence que cette attitude peut avoir sur le planning ou l’organisation d’un bureau !

Formation en franc-tireur et entrée précoce sur le marché du travail

Nous misons plus que jamais sur les compétences. Des entreprises comme Google, IBM et Facebook embauchent des talents non reconnus par des diplômes. Cette influence se fait sentir jusque dans notre recrutement et nos instituts de formation. Or, il y a quelques années, il était presque impensable d’accéder au marché du travail sans diplôme classique décerné par une haute école ou une université.

La génération Z adopte une attitude relativement libre et indépendante à cet égard, y compris en ce qui concerne les connaissances. Cette génération apprend donc par elle-même, ce dont elle a besoin et quand elle en a besoin. Ce qui explique la croissance des offres de formation alternatives comme les MOOC ou les cours en ligne de la Khan Academy. Corollaire à cette tendance : un nombre toujours plus faible de jeunes ont suivi ou terminé les canaux de formation classiques avant d’entrer dans la vie active. Et ils s’y lancent souvent beaucoup plus tôt.

Esprit d’entreprise et autonomie

La génération Z fait preuve d’ambition dans le monde de l’entrepreneuriat et veut s’engager dans des activités indépendantes. Environ 72 % des adolescents indiquent qu’ils comptent un jour lancer leur propre affaire. En parallèle, l’internet des objets offre un nombre incroyable d’occasions de mettre en pratique son esprit d’entreprise dans ses actes et ses idées, comme le cloud et le blockchain. Auparavant, là où il était nécessaire pour créer une entreprise de constituer un capital, aujourd’hui, n’importe quel “semi-nerd”, avec une carte Visa peut acheter un espace de stockage dans le cloud chez Amazon ou Microsoft.

En dehors de la génération Z, on observe un mouvement important dans la croissance des freelancer et des start-ups qui poussent comme des champignons.

Not happy? La génération Y patiente un peu. La génération Z est déjà partie.

La génération Y a vécu l’émergence de l’internet. Ses représentants se rappellent avoir dû fermer leur connexion internet pour pouvoir téléphoner. Les jeunes nés après 1995 quant à eux ont toujours connu l’ADSL ultrarapide et l’hyperconnexion.

Et si vous avez l’habitude de passer des commandes avant 23 heures pour recevoir votre livraison le lendemain à votre porte, vous vous attendez aux mêmes performances sur votre lieu de travail. Mais aussi de la part de vos futurs employeurs. Ce sont les organisations et les marques qui doivent faire preuve de loyauté envers le « client » (le travailleur) et non l’inverse. Si elle n’est pas contente, la génération Z change d’employeur. Car ce n’est pas à elle d’être fidèle à une marque ou à un patron.

À cet égard, la génération Y se montre plus tolérante et plus calme. Si un site internet ne fonctionne pas, elle recharge la page et refait un essai. Car « ça fait partie du jeu ». Alors que de son côté, la génération Z est déjà passée à la concurrence, avant même que la page un peu trop lente ait fini de charger.

Chacun est unique

L’individualité, voilà ce qui caractérise la génération Z. Ce sont les enfants d’une génération qui leur a appris à réfléchir par eux-mêmes et à formuler leur opinion. La preuve ? Sur les réseaux sociaux, ils nous rebattent les oreilles de leur avis sur tout et n’importe quoi. Chacun a quelque chose à dire sur monsieur Tout-le-Monde, les self-made stars de YouTube ou les célébrités de la planète entière. Il est donc bon d’avoir une personnalité bien à soi. Ce caractère unique, la génération Z le recherche dans sa vie quotidienne, par exemple en choisissant des marques qui reflètent cette personnalité. Et le futur employeur doit lui aussi correspondre à cette image d’« être unique ».

Cet individualisme a également des conséquences sur l’organisation et le travail en équipe. Les membres de la génération Y adorent finaliser des projets en groupe. La génération Z se montre par contre plus combative et réclame aussi de la reconnaissance pour ce qu’elle réalise. Collaborer devient donc un défi.

 Keep it real and personal

Les Millenials ou la génération Y a appris à utiliser les réseaux sociaux sur le tard, avec la conséquence de partager énormément de choses qui ne devaient pas forcément l’être. La génération Z a observé les échecs de leurs ainés et a appris qu’ils ne pouvaient pas mettre tout et n’importe quoi en ligne. On revient à une situation dans laquelle la génération Z peut être sociale grâce à Messenger, Snapchat, Whatsapp, … mais n’oublie pas le contact humain pour autant.

Pour la génération Z, le contact personnel sur le lieu de travail gagne encore en importance. Ce qui s’exprime dans un accroissement du temps réel, des rencontres en face à face et des réunions physiques.

Génération Z : moins de rémunérations alternatives, plus de cash

Les plus jeunes représentants de la génération Z ont grandi dans l’incertitude : ils ont pris de plein fouet les remous de la crise économique de 2008 et des attentats terroristes dans ce qui était encore il y a peu des havres de sécurité, New York, Paris et même Zaventem. Cette génération ressent donc un besoin accru de sécurité et de stabilité, sans pour autant compter sur un employeur pour les lui fournir. Cette génération préfère le salaire brut aux avantages extra-légaux (service de nettoyage à sec, voiture de société ou d’autres avantages alternatifs). Ils veulent du cash et dans la course aux talents, l’employeur n’aura pas d’autre choix que d’y accéder.

Pour les millenials, c’est un plus d’avoir cette liberté de choisir. Les plans cafetaria mis à leur disposition par l’employeur sont très appréciés. Par exemple, certains seraient prêts à suivre une formation plutôt que de bénéficier de la prime de fin d’année.

La génération Z est unique et ne peut dès lors pas être rangée dans le même sac que les millenials, la génération Y.  Les entreprises ont donc intérêt à se familiariser avec cette nouvelle génération et ses talents. Histoire d’utiliser ces talents au mieux.

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