Entreprendre après le coronavirus: les objectifs seront durables ou ne seront pas

Auteur: Partena Professional (HR Service Provider)
Temps de lecture: 3min

La crise sanitaire a verrouillé notre vie sociale et fait tourner l’économie au ralenti. Les entreprises pourront-elles en tirer des enseignements et opérer de manière durable? Ce sont les questions que nous avons posées à Hans Verboven, professeur en entrepreneuriat durable et éthique à l’Université d’Anvers et directeur du bureau de conseil Sustacon.

“Quelques semaines à peine après le début du confinement, nous avons remarqué que de très nombreuses entreprises commençaient déjà à regarder de l’avant, en tenant évidemment compte de la nouvelle réalité”, pointe Hans Verboven. “Prendre conscience de l’existence de risques qu’ils ignoraient jusqu’à présent a fait comprendre à beaucoup d’entrepreneurs qu’ils devaient changer leur manière d’opérer, notamment en jouant la carte d’une croissance plus durable et en améliorant leur organisation.”

“Les entreprises qui s’en préoccupaient déjà ont pu franchir des étapes supplémentaires à un rythme accéléré; les autres tentent aujourd’hui de se mettre à niveau. Elles imaginent de nouveaux modèles économiques, des manières différentes d’atteindre les consommateurs… Elles sentent que la crise est porteuse de nouvelles opportunités.”

Long terme

Pour autant, il reste difficile, y compris pour Hans Verboven, de prédire l’impact qu’aura la durabilité sur les objectifs individuels des travailleurs.

“Les entreprises vont inclure la durabilité dans leurs critères d’évaluation, c’est l’évidence même. Tout comme le fait qu’elles ne s’intéresseront pas uniquement à la quantité mais également à la qualité. Je connais déjà des entreprises qui intègrent des compétences en matière de cocréation dans leurs évaluations, par exemple. Elles évaluent notamment la capacité de leurs collaborateurs R&D à cocréer et à développer des innovations avec d’autres organisations. Chez les managers, je prévois que des indicateurs tels que la rétention, l’empreinte carbone et la satisfaction des clients seront plus présents dans les évaluations. Pour les entreprises, ce sont des manières d’accroître l’importance du long terme.”

People, Planet, Profit

Contrairement à une vision encore très répandue, les entreprises durables ne poursuivent pas exclusivement des objectifs environnementaux. L’aspect Planet compte, bien sûr, mais le People et le Profit comptent tout autant.

“L’entreprise durable trouve un équilibre entre ces trois facteurs, en limitant autant que possible les effets négatifs et en accroissant au maximum le positif”, souligne Hans Verboven. “L’aspect financier n’est donc pas subordonné au reste. Une entreprise peut optimiser les mesures respectueuses de l’environnement et traiter au mieux ses effectifs, si elle n’est pas financièrement saine, elle n’a aucune chance. Car entreprendre durablement, c’est aussi ‘faire en sorte de continuer à entreprendre’, cela va de soi.”

Les entreprises ont constaté à quel point des événements imprévisibles pouvaient être disruptifs. Hans Verboven s’attend dès lors à ce qu’elles adoptent une gestion plus responsable des risques liés à la durabilité. “À mes yeux, des thèmes comme la taxe sur le CO2, la pénurie de matières premières, la numérisation et l’économie de partage seront plus présents dans les objectifs stratégiques et opérationnels des entreprises. Les patrons sont bien conscients, désormais, de la nécessité de connaître et surtout d’identifier les risques pour y faire face au mieux.”

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