De nombreux bars et restaurants ont repensé de A à Z leur business model

Auteur: Partena Professional (HR Service Provider)
Temps de lecture: 3min

“Les données et les outils numériques qui contrôlent et soutiennent la rentabilité deviendront essentiels pour la position concurrentielle de l’horeca.”

 

Filip Vanheusden, président de Xenia Horeca Services

 

Avec l'événementiel, l'horeca est probablement le secteur le plus touché par la crise financière. Pourtant, de nombreux propriétaires de restaurants et de cafés ne sont pas restés les bras croisés. “Même les chaînes étoilées proposent désormais des repas à emporter”, note Filip Vanheusden (Xenia Horeca Services).

Le 19 octobre 2020, tous les cafés et restaurants du pays ont dû fermer leurs portes pour une durée indéterminée. Une surprise pour le secteur. “D’autant plus que nous avions fait preuve d'énormément de flexibilité au cours des mois précédents”, déclare Filip Vanheusden, président de la coopérative de restauration Xenia et ex-président d’Horeca Vlaanderen. “La plupart des exploitants avaient démontré qu'ils pouvaient servir leurs clients conformément aux règles de sécurité en vigueur à l'époque.”

Plus de choix, moins de chiffre d'affaires

Beaucoup d’établissements ont été contraints de repenser leur business model. Packages apéritifs, plats à emporter, livraisons à domicile, transformation d'établissements en pop-up stores: la créativité des exploitants a eu un effet stimulant sur l’ensemble du secteur. Même les restaurants étoilés proposent désormais des plats en take-away.

“C'est encourageant et agréable lorsqu’il s'agit d'un revenu supplémentaire, mais pour la plupart des exploitants, cela ne suffit pas à compenser la perte de chiffre d'affaires”, nuance Filip Vanheusden. “Le volume des repas à emporter est, pour de nombreux établissements, inférieur à ce qu'il était lors du premier confinement. Probablement parce que l'offre est plus vaste, dorénavant, et que les consommateurs se sont un peu lassés.”

En outre, les plats à emporter sont très exigeants en termes de main-d'œuvre. Ils doivent être préparés et emballés, et nécessitent parfois des vidéos d'instruction pour que les clients puissent les servir chez eux.

Transformation numérique

Tout n’est pas négatif, cependant. Les établissements horeca accélèrent leur numérisation. Ils sont plus faciles à trouver en ligne, ouvrent des e-boutiques et utilisent des systèmes de commande et de paiement numériques.

“Nous accusons un vrai retard dans ces domaines”, admet Filip Vanheusden. “Ceci dit, l’horeca dispose encore de solutions numériques pour se renforcer dans les années à venir: relier les systèmes de caisse à la planification du personnel, vérifier les achats et les stocks en temps réel, automatiser les commandes… Les données et les outils numériques qui contrôlent et soutiennent la rentabilité deviendront essentiels pour la position concurrentielle de l’horeca.”

Avenir incertain

Pour de nombreuses entreprises du secteur de l'hôtellerie et de la restauration, l'avenir demeure néanmoins incertain. Filip Vanheusden estime qu'environ 50% des cafés et restaurants sont aujourd'hui en quasi-faillite en raison de la crise sanitaire. “Les mesures de soutien ont maintenu notre secteur en vie de manière quelque peu artificielle. Mais à présent que le deuxième moratoire sur les faillites a pris fin et que cette règle ne sera pas renouvelée, des milliers d’établissements sont menacés.”

Si les banques, les propriétaires et les autorités fiscales viennent tous recouvrer leurs arriérés au même moment, Filip Vanheusden prédit une catastrophe nationale. Pour l'avenir de l’horeca, c’est un véritable gouffre qui risque de s’ouvrir: “Le fossé entre les grands entrepreneurs de l’horeca – propriétaires de plusieurs établissements ou de chaînes – et les petits indépendants avec peu ou pas de personnel va sans doute se creuser considérablement dans les années à venir.”

“Le fossé entre les grands entrepreneurs de l’horeca et les petits établissements avec peu ou pas de personnel va sans doute se creuser considérablement dans les années à venir.”

 

Filip Vanheusden, président de Xenia Horeca Services

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