Coronavirus : quelles seront les conséquences fiscales ?

Auteur: Isabelle Caluwaerts (Legal Expert)
Temps de lecture: 3min

Suite à la crise du coronavirus, certains travailleurs verront leur rémunération annuelle fortement diminuée suite à leur mise en chômage temporaire. Le taux de taxation sur leurs rémunérations sera  donc probablement moins élevé que d’habitude. Parallèlement, le taux de précompte professionnel sur les allocations légales de chômage temporaire est passé de 26.75% à 15% en mai 2020. Mais concrètement, quelles sont les conséquences pour les travailleurs ? Cela risque-t-il d’entrainer une régularisation par les contributions assez importante pour les travailleurs qui ont été mis en chômage temporaire ? Que peuvent faire les entreprises pour leur éviter de mauvaises surprises ? Isabelle Caluwaerts, Legal Expert chez Partena Professional, nous explique tout.

Pourquoi certains travailleurs risquent-ils de voir leurs impôts régularisés suite à leur mise en chômage temporaire durant la crise du coronavirus ?

Tout d’abord, en matière d’impôts, il est important de distinguer la taxation et le prélèvement d’un précompte professionnel à la source. « Les allocations de chômage temporaire obtenues suite à la crise du coronavirus, ainsi que les éventuelles indemnités complémentaires, sont imposables à l’impôt au taux d’imposition normal, qu’on appelle « taux progressif » explique Isabelle Caluwaerts, Legal Expert chez Partena Professional.

En matière de précompte professionnel, le taux initial était fixé à 26,75% pour les mois de mars et d’avril 2020 mais celui-ci est passé à 15% sur les allocations légales en mai 2020. « Le but de cette diminution de retenue de précompte est de coller le plus possible à la situation fiscale finale des bénéficiaires. En effet, étant donné qu’il s’agit d’un « taux progressif », le gouvernement a voulu diminuer ce taux de précompte afin d’éviter que certains travailleurs ne paient un précompte professionnel plus élevé que l’impôt final sur leurs revenus, impôt qu’ils n’auraient alors retouché, au plus tôt, qu’en 2021 » poursuit Isabelle Caluwaerts. 

Concrètement, qu’est-ce que cela signifie pour eux ?

Le précompte professionnel est un acompte sur l’impôt, cela signifie donc qu’il ne couvre pas nécessairement l’impôt qui sera dû étant donné que le tarif du précompte professionnel ne correspond pas nécessairement au tarif de l’impôt. « Il est donc probable que, pour certains travailleurs, l’addition de l’ensemble des revenus professionnels qui auront été perçus en 2020 pourrait générer une correction au niveau de l’impôt. En fonction de la situation fiscale du contribuable, cette correction pourra soit être un remboursement d’impôts, soit un complément à devoir payer » explique Isabelle Caluwaerts.

Que peuvent faire les employeurs pour aider les travailleurs à ne pas avoir de mauvaise surprise ?

Il faut également savoir que le précompte professionnel calculé sur certains éléments de rémunération comme, par exemple, les pécules de vacances ou les primes de fin d’année, est déterminé sur base de la rémunération imposable annuelle. Pour la plupart des travailleurs placés en chômage temporaire durant la crise sanitaire, la rémunération imposable annuelle aura donc diminué. Ce qui aura probablement pour effet de diminuer également le taux de précompte professionnel qui sera retenu sur les pécules et les primes. Tout cela sera régularisé au niveau de l’impôt, en positif ou en négatif.

« Si certains travailleurs craignent une régularisation importante , il est possible de demander à l’employeur d’effectuer des retenues complémentaires de précompte professionnel, de façon volontaire afin d’éviter d’avoir un supplément à payer en 2021 lors du calcul de l’impôt final » conclut Isabelle Caluwaerts, Legal Expert chez Partena Professional.

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