Comment garder vos meilleurs collaborateurs ? Voici la recette

Auteur: By Julie de Partena Professional
Temps de lecture: 6min


La performance et le bien-être de vos employés jouent un rôle crucial dans le degré d’innovation et de réussite de votre entreprise. En outre, il s’agit de deux facteurs essentiels pour garder vos collaborateurs.

Quelles sont les solutions pour conserver vos meilleurs talents ? Comment vous démarquer des autres employeurs ? Comment répondre aux attentes de vos employés sans nuire à la productivité ? Je vous dévoile ici la recette et ses ingrédients.

Le bien-être au travail ? C’est ça le bonheur

Généralement, si l’on prend du plaisir à travailler et que l’on fait ce qui nous plaît, la productivité coule de source. Le bien-être au travail (ou exprimé de manière un peu moins enthousiaste : la satisfaction sur le lieu de travail) ne peut actuellement plus être considéré comme une notion abstraite et vague ou comme un « plus » pour les employeurs ou les employés. Non, il constitue désormais la condition sine qua non d’une entreprise florissante.

Nic Marks, que vous pouvez écouter dans cette conférence TedX, est expert du bonheur et fondateur d’Happiness Works. Il définit le bonheur comme « une expérience agréable ». Il s’agit d’un terme émotionnel que nous utilisons pour synthétiser la qualité des expériences de notre travail au quotidien. Il sert à déterminer si nous nous sentons bien et si nous sommes performants.

Vos employés jouent un rôle essentiel

« Chaque manager doit faire de ses employés sa priorité absolue. La croissance d’une organisation est conditionnée par les investissements réalisés en faveur de ses travailleurs », explique Marnix Geus, coach professionnel et directeur général de People First.

Ce bureau, qui compte désormais 34 collaborateurs et qui n’a pas cessé de se développer en période de crise, a été proclamé à trois reprises meilleur employeur par « l’institut Great Place to Work ».

La politique du personnel constitue souvent une obligation. Les talents sont présents en nombre, ils sont même largement suffisants. Toutefois, les employés qui se contentent de suivre les ordres de la direction s’enlisent dans la passivité. Des études révèlent qu’un tiers, voire la moitié des employés n’ont pas l’opportunité de s’épanouir, ne sont pas suffisamment impliqués ou ne sont pas entendus. Ils sont dès lors tentés de quitter leur entreprise.

Selon plusieurs études, la cohésion, la confiance et la liberté représentent les trois facteurs indispensables pour garantir le bien-être ou la satisfaction au travail des employés. Abordons ce sujet plus en profondeur.

Ingrédient n°1 : poursuivre l’apprentissage

Il convient d’accorder le droit à l’erreur et à faire des découvertes.

Rien n’est plus frustrant que d’être dans une routine professionnelle. L’évolution est partout. Vous devez donc donner à vos employés l’opportunité d’évoluer. Comprenez : des opportunités d’apprentissage. Qui, au sein de votre équipe, n’a pas dû relever un défi depuis des lustres ?

Qui n’a pas bénéficié d’incitations supplémentaires à travailler de manière plus efficace ? Qui faut-il sortir de sa routine en premier ?

Dans l’article votre job en 2030, vous avez pu lire que la créativité faisait partie de la recette pour survivre dans un monde en rapide mutation. La créativité ne peut toutefois prospérer qu’en vertu du droit à l’erreur, dans lequel l’apprentissage, l’échec et l’inventivité vont de pair. Il convient donc de leur accorder du temps et de l’espace. Cette philosophie promet parfois de belles découvertes : saviez-vous que Gmail a vu le jour parce que les employés de Google pouvaient consacrer 20 % de leur temps à leurs projets personnels ?

Ingrédient n°2 : accorder de la liberté et garantir la confiance mutuelle

En effet, le lâcher-prise est le secret de la croissance.

La liberté constitue le second facteur essentiel du bien-être au travail. Laissez vos employés fixer eux-mêmes les défis : il ne faut pas contrôler, mais plutôt faciliter. « Chaque employeur doit demander à ses employés ce qu’ils peuvent apporter, ce qui les rend différents et plus performants selon eux, et ce qui importe le plus à leurs yeux », explique Eric Fleurbaay.

Eric Fleurbaay, conseiller et fondateur de Businesswise, fait souvent le constat que les employeurs ne sont pas enclin  à l’idée de devoir donner voix au chapitre à leurs employés. « Ils s’estiment incapables de conférer une telle liberté. Pourtant, les études montrent que plus la liberté et la confiance sont de mise, plus le sentiment de responsabilité est renforcé. »

Liberté et confiance sont indissolublement liées. Tel est le cheval de bataille de Great Place to Work. L’une ne peut exister sans l’autre. Marnix Geus de People First estime que de nombreuses entreprises se laissent guider par la peur : elles craignent que le fait d’accorder sa confiance se solde par une trahison. « Les employeurs ont le besoin irrépressible de tout contrôler. Le lâcher-prise peut être angoissant, mais il est la seule façon de promouvoir la croissance. »

Ingrédient n°3 : la cohésion

Qui est d’accord ? Est-ce qu’on est sur la même longueur d’onde ?

Naturellement, il est important que le manager continue d’être présent afin de préciser la mission qui incombe à l’entreprise, de rappeler l’objectif commun et d’expliquer précisément la façon dont il pourra être atteint.

En tant qu’employé, on souhaite se démarquer. C’est la raison pour laquelle il est primordial d’écouter vos employés et les impliquer dans la prise de décisions. Malheureusement, nombre de managers ont une faille majeure, estime Eric Fleurbaay. Ils pensent que les employés peuvent prendre part aux décisions tandis qu’ils se contentent de rectifier les projets sur la table.

« Souvent, la direction revêt des allures de hotte aspirante. Les idées et les initiatives des employés disparaissent en silence et atterrissent sur le bureau de la direction. Cette dernière a un agenda tellement chargé que la prise de décisions est alors reléguée au second plan. Les employés réagissent en se recentrant sur les domaines qu’ils peuvent contrôler. » Au bout du compte, ce type d’organisation devra faire face à des difficultés, explique-t-il. « Certaines entreprises dirigées de manière verticale semblent prospères à l’heure actuelle, mais cette réussite tient au fait qu’elles opèrent sur des marchés lucratifs. À long terme, ce mode de gestion ne peut pas fonctionner. »

Par conséquent, il est important de veiller à ce que vos employés se sentent partie intégrante d’un ensemble plus large. Accordez-leur (davantage) la liberté de prendre eux-mêmes des décisions. Vous leur confierez ainsi une plus grande responsabilité et ils se sentiront plus impliqués dans les activités de l’entreprise. Apportez-leur le soutien digne d’un employeur sans verser dans le micromanagement et offrez-leur des opportunités de développement. Encouragez votre équipe à résoudre les problèmes, à prendre des risques stratégiques, et à partager des idées innovantes et créatives (la créativité). Ça y est, la boucle est bouclée.

Au fond, qu’est-ce qui fait le bonheur de vos employés ?

Ce ne sont ni les belles voitures de société ni les salaires avantageux. Ce qui les rend heureux, c’est d’exercer un emploi qui signifie quelque chose pour eux, car il leur permet de contribuer au fonctionnement de leur entreprise. Vos employés doivent voir (et entendre) que vous valorisez leur dévouement et leur travail acharné. Privilégiez toujours les compliments plutôt que les critiques, car les remarques positives revêtent une importance absolument cruciale. N’hésitez pas à jeter un œil sur les conseils qui ont été formulés à l’occasion de la Journée du compliment. 

Les employés qui se sentent soutenus par leur direction sont nettement plus performants. Restez à l’écoute. Demandez-vous comment vos employés peuvent contribuer à l’amélioration de la productivité. Si votre équipe a besoin de participer à des activités de réduction du stress, offrez à chacun des heures de travail suffisamment flexibles ou des ateliers visant à instaurer un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée (Bravo ! La Belgique obtient la note de 8,6 à « l’indicateur du vivre mieux » de l’OCDE ; avez-vous déjà programmé une cure de détox numérique hebdomadaire ?

Bref, soyez à l’écoute de votre équipe. Vous ne tarderez pas à en récolter les fruits.