Burn-out et télétravail : travailler à domicile ne protège pas du stress

Auteur: Julie, Coach HR (Partena Professional)
Temps de lecture: 8min

Récemment encore, le télétravail était considéré comme un remède miracle pour mieux conjuguer vie privée, vie professionnelle et bien-être. Une opinion qui tend à changer, maintenant que le travail à domicile est devenu la norme.

Saviez-vous que les Japonais ont un mot pour la « mort par excès de travail » ? Ils l’appellent « Karoshi ». Il n’existe aucun équivalent à ce terme dans la culture occidentale. Enfin, pas encore. Parce que chez nous aussi, le surmenage fait toujours plus de victimes. Un phénomène qui gagne encore en ampleur depuis la généralisation du télétravail en raison de la pandémie.

Si nous ne disposons d’aucun chiffre pour étayer ces données à l’heure actuelle, nos voisins du Nord, eux, ont déjà glané plus d’infos à ce sujet. En effet, le centre néerlandais de prévention du stress et du burn-out a mené une étude test auprès de 427 travailleurs afin d’identifier les symptômes du burn-out. Ses conclusions sont sans appel : sans aide spécifique, 56 % des travailleurs seront victimes de burn-out dans les six mois à venir. Un pourcentage qui s’élevait encore à 17 % l’année dernière.

Une augmentation que l’on doit notamment à l’insécurité croissante de l’emploi générée par la crise. Mais de nombreux experts trouvent plutôt la source de ce mal-être dans l’intensification du télétravail, qui accentue encore le stress ressenti par les travailleurs. Les personnes travaillant de chez elles cumulent au final plus d'heures de travail que leurs collègues au bureau. Mais on oublie aussi que dans leur quotidien, ces travailleurs cultivent moins de contacts sociaux et vivent moins de situations non liées au travail qu’ils le feraient au bureau. Ainsi leurs journées de travail se réduisent à enchaîner les tâches les unes après les autres. Et pourtant, nous sommes encore nombreux à considérer que le télétravail est moins stressant que le bureau. Résultat : nous sommes moins préparés à cette nouvelle forme de stress et ne voyons pas le burn-out pointer le bout de son nez. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

À quoi reconnaît-on un burn-out ?

La définition du burn-out est assez récente. L’année dernière, l’Organisation mondiale de la santé qualifiait enfin le burn-out de « phénomène lié au travail », le décrivant comme « un syndrome résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été correctement géré ».

C’est également l’année dernière que la KU Leuven a proposé une définition du burn-out sur la base d’un projet triennal réalisé par son groupe d’étude Psychologie du travail, des organisations et du personnel. Selon cette nouvelle définition, on reconnaît le burn-out à quatre symptômes clés :

1. Épuisement physique et mental

2. Distanciation mentale : profonde réticence au travail

3. Dérèglement cognitif, caractérisé notamment par des problèmes de mémoire, des troubles de la concentration et de l’attention

4. Dérèglement émotionnel : réactions émotionnelles intenses et incontrôlables

Cette étude établit également que les personnes souffrant de burn-out présentent souvent les trois symptômes secondaires suivants :

1. Symptômes de stress psychique, tels que des problèmes de sommeil, un état de rumination mentale ou des crises de panique

2. Symptômes de stress psychosomatique : problèmes physiques d’origine psychique

3. État dépressif : pensées sombres et sentiment d’abattement

6 conseils pour éviter le burn-out dans le cadre du télétravail

Vous ou votre partenaire présentez les symptômes énumérés ci-dessus ? N’hésitez surtout pas à en parler au plus vite à votre médecin traitant. Mais vous devrez également vous inquiéter si vous ressentez que la frontière qui séparait votre vie privée de votre vie professionnelle s’est évanouie, si vous êtes continuellement épuisé, cultivez des pensées sombres ou si votre motivation vous fait faux-bon. Ces quelques astuces vous aideront à redresser la barre à temps, histoire d’à nouveau pleinement profiter de la vie, même en période de pandémie.

 

1. Aménagez votre lieu de travail rien qu’à vous

Certes, nous n’avons pas tous la chance d’avoir un bureau à domicile. Mais aménagez-vous un lieu de travail fixe où vous pourrez passer pas mal de temps sans rien compromettre de votre confort. Comprenez : devant un écran ergonomique et sur une chaise confortable. Vous travaillez fréquemment depuis chez vous ? N’hésitez pas à demander une contribution de la part de votre employeur. Après tout, lui aussi, n’a aucun intérêt à vous laisser souffrir d’un burn-out.

2. Fixez des limites, pour vous et votre employeur

Certes, votre manager sait que vous travaillez de chez vous, mais cela ne veut pas dire que vous devez vous tenir à sa disposition en permanence. Concertez-vous pour fixer des heures de début et de fin de journée et pensez à vous aménager des pauses et un temps de midi. Je comprends que cela vous semble difficile d’exiger ce genre de choses alors que votre emploi est sur la sellette, mais dites-vous que vous serez plus performant et mieux dans votre peau si vous vous accordez ces pauses indispensables.

3. Fixez un horaire conciliant vie privée et professionnelle

Non, vous n’êtes pas obligé d’adopter un horaire 9-17 heures. Pendant le confinement, certains parents ayant de jeunes enfants, réorganisaient leur journée de travail, actifs entre 6h et 9h le matin et le soir de 19h à 21h, lorsque leurs enfants étaient couchés.

Si votre employeur n’est pas contre ce genre d’arrangement, vous auriez tort de vous en passer. Conservez cette flexibilité au maximum, car ce qui vous convenait il y a deux semaines pourrait ne plus être la solution idéale le mois prochain.

4. Prenez soin de vous

Si vous êtes en télétravail, n’oubliez pas de prendre un peu de temps pour vous, surtout dans une période aussi mouvementée que celle que nous connaissons actuellement. Le sport, le sommeil et la pleine conscience sont plus importants que jamais. Dressez une liste des choses que vous appréciez faire (vous accorder une longue balade, prendre un bon bain chaud...) et prévoyez des créneaux incompressibles pour ces activités dans votre agenda.

5. Prenez le temps de souffler

Quand vous étiez au bureau, tout le temps que vous passiez dans les transports vous offrait une transition entre votre vie professionnelle et votre vie privée. Cette transition reste nécessaire, même si vous ne vous rendez plus au bureau.

Fixez donc un moment de transition incompressible dans votre agenda pour vous laisser le temps de souffler. Heureusement, vous êtes dispensé de passer ce moment de transition dans les embouteillages, mais vous pourrez très bien vous l’accorder en faisant une petite balade, en appelant un.e ami.e ou tout simplement en écoutant votre chanson préférée du moment.

6. Prenez une vraie journée de congé

Vous sentez poindre le burn-out ? C’est qu’il est grand temps de vous accorder une vraie journée de congé. Pensez aux choses que vous aimeriez faire durant cette journée et veillez à ce qu’elle sorte vraiment de votre routine. Il ne faut pas nécessairement opter pour des remèdes traditionnels au burn-out, comme la méditation ou le yoga. Privilégiez des activités qui vous plaisent et qui vous permettent de vous vider la tête. Ce n’est que comme cela que vous parviendrez à recharger vos batteries.

Articles connexes