Bien-être au travail: “Certaines entreprises ont versé dans l’excès”

Auteur: Partena Professional (HR Service Provider)
Temps de lecture: 3min

Comment reconnaître des collaborateurs dont le moral n’est pas au top? Et que peuvent faire les managers et les organisations pour prévenir ou remédier à un tel mal-être? Sara De Gieter, professeure en psychologie du travail et du personnel à la VUB, livre quelques trucs et astuces.

1. Soyez attentif au bien-être de vos collaborateurs

“Si vous occupez une position dirigeante, prêtez attention à la manière dont les membres de votre équipe communiquent et se comportent avec vous et entre collègues. Quelqu’un réagit de manière plus émotive ou se montre plus irritable qu’à l’ordinaire? Un collègue habituellement ponctuel rend des travaux en retard ou incomplets? Un collaborateur doté généralement d’une forte personnalité tend à s’effacer? Ce sont autant de signes révélateurs d’un mal-être potentiel. Dans ce cas, organisez un entretien personnel au moment adéquat. Bien sûr, la personne en question doit y être ouverte. Mais la quête d’une solution appropriée commence souvent dès le moment où la personne concernée se sent comprise.”

2. Ne multipliez pas les activités de team building

“Pendant les derniers confinements et avec le recours massif au télétravail, notamment, certaines entreprises ont versé dans l’excès en matière d’activités d’équipe. Pause-café numérique, soirée jeux, quizz, réunions informelles, défis sportifs… Quand on en fait trop, on obtient souvent l’effet inverse de ce que l’on visait. Les collaborateurs peuvent se sentir surchargés. Si la participation est ressentie comme un moment de stress, de telles activités ne favorisent en aucun cas le bien-être des travailleurs. Préférez dès lors un petit nombre d’activités très ciblées, basées sur les besoins réels des collaborateurs. Et appliquez un plan de bien-être. Les collaborateurs ne verront pas leur participation comme une obligation.”

3. Formez les managers

“Des formations peuvent aider les chefs d’équipe à être plus soucieux du bien-être de leurs collaborateurs. En matière de style de leadership ou de capacités de coaching, bien sûr, mais aussi dans l’identification et la gestion des signaux de stress. Des formations autour de la motivation des collaborateurs qui reprennent le travail après une absence s’avèrent également très utiles. Une entreprise peut ainsi faire en sorte que ses collaborateurs se sentent pleinement soutenus dans leurs inquiétudes et préoccupations professionnelles. Les dirigeants doivent plus que jamais être des people managers – et mettre en pratique leur leadership de manière optimale. Écouter avec bienveillance les problèmes de leurs collaborateurs est déjà un excellent premier pas.”

4. Préoccupez-vous des répercussions de la crise sanitaire

“Le télétravail maximal n’est plus obligatoire à partir du 1er juillet. Cela ne signifie toutefois pas que la crise sanitaire est terminée. Ceux pour qui le télétravail a été problématique ne vont pas subitement renaître quand ils retrouveront leur poste de travail traditionnel. L’obligation de travailler plusieurs mois chez soi, où l’aspect privé et professionnel se chevauchent constamment, a rongé certains de l’intérieur. Les longues listes d’attente chez les psychologues et la recrudescence des burn-out le démontrent. Au cours des mois à venir, les entreprises devront rester attentives aux collaborateurs sursollicités et, si nécessaire, affiner leur politique de bien-être.”

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