Audi Brussels offre à ses collaborateurs une flexibilité maximale. Mais comment font-ils ?

Auteur: By Partena Professional
Temps de lecture: 6min

Le constructeur automobile semble vouloir aller toujours plus loin en termes de flexibilité des horaires de travail.  Bien qu’il fasse déjà office de pionnier dans le domaine de la flexibilité collective avec son régime de travail Plus Minus Conto, Audi ne compte pas s’arrêter là. Est-ce là le régime du temps de travail moderne ? Audi semble le croire.

Des horaires de travail hyper flexibles, un temps de travail illimité, convertir l’argent en temps… le constructeur automobile assure que ces innovations sont indispensables pour répondre à la demande du marché, et correspondent à un ajustement nécessaire afin de se rapprocher de la réalité de demain. Va-t-on vraiment parvenir à ce régime de travail ? Pourriez-vous l’envisager pour votre entreprise ? Est-ce bien légal ? Et qu’implique cette flexibilité individuelle pour le travailleur ?

De la flexibilité collective à l’autonomie du travailleur

Le système du Plus Minus Conto vise à permettre une plus grande flexibilité du travail, dans les secteurs où la pression concurrentielle internationale est forte et où le besoin de variabilité s’étend sur une période plus longue qu’une année.

Concrètement, il permet :

  • des prestations journalières et hebdomadaires maximales de respectivement 10 heures et 48 heures ;
  • dans le respect de la durée hebdomadaire moyenne de travail sur une période de 6 ans maximum.

Il s’agit donc du régime de travail adopté par Audi, qui prévoit un temps de travail moyen de 38 heures par semaines sur une période de six ans. Pendant cette durée, les collaborateurs travaillent avec un horaire variable en fonction des fluctuations de la production.

Audi ne compte cependant pas s’arrêter là. La flexibilité que l’entreprise propose est finalement relativement limitée par les législations. Or, la volonté du constructeur automobile est d’atteindre une flexibilité maximale, pour être capable de répondre à la demande du marché sans être entravé par des horaires de travail trop stricts. C’est pourquoi l’autonomie des travailleurs est au cœur des revendications d’Audi.

Pourquoi cette tendance à l’autonomie ?

Pour répondre à une complexité croissante, les entreprises optent souvent pour des équipes en autogestion. Entendez par là : des équipes qui s’organisent elles-mêmes.

L’intérêt de l’autogestion ? Les équipes prennent davantage de décisions elles-mêmes et les dirigeants peuvent se concentrer sur les résultats. Cette transition ne se fait cependant pas d’elle-même : il faut réapprendre à décider, car aujourd’hui une certaine forme de déresponsabilisation est présente dans de nombreuses organisations.

L’autonomie est donc une réponse aux défis stratégiques auxquels les entreprises sont confrontées dans un contexte complexe et imprévisible, mais aussi aux revendications des travailleurs et des employeurs qui désirent conserver un travail faisable et maniable.

Autonomie et flexibilité sont donc étroitement liées, et donnent la possibilité de préserver l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et de travailler en fonction de son talent.

Tout cela n’est cependant pas possible sans cadre clair prédéfini.  Des changements sont donc en court : la nouvelle législation sur le travail faisable et maniable constitue une première étape vers une individualisation du temps de travail.

Parmi les éléments nouveaux, notons le système des heures supplémentaires volontaires et les horaires flottants ou dynamiques. Celui-ci permet aux salariés de travailler plus que la durée moyenne hebdomadaire sur une semaine et d’économiser ces heures pour travailler moins la semaine suivante, ou inversement, « d’emprunter » des heures une semaine et de les prester effectivement plus tard. Ce qui change ? L’employeur et le travailleur peuvent désormais prendre des dispositions en matière de flexibilité directement entre eux, sans l’accord de la délégation syndicale ou l’autorisation de l’inspection sociale. Une petite révolution.

Et demain ?

La législation sur le temps de travail évolue donc pas à pas, à quoi peut-on dès lors s’attendre d’ici quelques années ? Qu’implique cette tendance vers l’autonomie du travailleur ? Allez-vous devoir franchir le pas au sein de votre entreprise prochainement ?

Il est à prévoir que les législations sur le temps de travail vont encore évoluer au cours des années à venir. L’autonomie croissante dont bénéficient les travailleurs implique une nouvelle adaptation du droit du travail… et c’est potentiellement tout le système de relation d’autorité classique qui est remis en cause.

Pour répondre aux défis de demain, ne faut-il pas que le statut des ouvriers et employés change, lui aussi ? De même, les environnements industriels classiques ainsi que les PME nécessitent eux aussi davantage de flexibilité et d’autonomie dans l’exécution du travail, des possibilités de mettre sur pied des équipes autonomes, laisser les travailleurs fixer eux-mêmes leur planning, etc.

Alors, fiction ou réalité ? Les législations en vigueur sur le droit de travail ne sont pas encore adaptées à ce nouveau régime, mais il est à parier que la pression des grandes industries risque de faire bouger les choses assez vite… Affaire à suivre !

Et si vous choisissiez Partena Professional pour vous aider dans la préparation de votre politique de ressources humaines future ? Parce qu’un indépendant pense déjà à demain, entourez-vous de services compétents pour marquer la transition vers un service de ressources humaines innovant et moderne, qui prenne en compte la législation sociale et les coûts pour votre entreprise. Profitez de l’expertise et de l’accompagnement de Partena Professional pour vous guider pas à pas, et avec les conseils d’experts.