Les parents moins disposés à la solidarité pour les allocations familiales

Auteur: Marc Ertveldt
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L’enquête nationale menée par la caisse d’allocations familiales Partena démontre que les parents ne sont pas demandeurs d’une réforme drastique des allocations familiales

Bruxelles, le 25/04/2014 –  La régionalisation des allocations familiales, une réforme complexe, doit être finalisée pour fin 2019 au plus tard. Dans le cadre des changements qui s’annoncent, Partena a mené une enquête auprès de 1.200 répondants pour identifier les attentes  et a jaugé la vision d’avenir du secteur lors d’un colloque. Les parents semblent moins favorables qu’en 2012 aux allocations familiales qui varient en fonction des revenus du ménage et de la situation professionnelle des parents. 58% (contre 53% en 2012) estime que les allocations familiales doivent être identiques pour chaque enfant. “Il semble que la solidarité entre familles soit sous pression”, selon Marc Ertveldt de Partena.

Même si la prise de conscience de la problématique est en progression constante depuis 2012, il ressort de l’enquête nationale que 40% des familles ne savent pas encore aujourd’hui que les régions seront compétentes pour la matière des allocations familiales  et que des changements majeurs sont donc en vue. Pour les familles monoparentales, pour lesquelles les allocations familiales représentent une partie substantielle du budget familial, le rapport grimpe même à 1 sur 2. 

Les allocations familiales restent cruciales pour le budget familial :  les attentes principales des parents face à la réforme sont le maintien du lien avec le coût de la vie (indexation) (92,8%) et la continuité des paiements durant la phase de transition (90,3%). 77,9% des familles estiment que les montants actuels sont trop faibles.  “Les familles voient les allocations familiales comme un soutien financier sur lequel ils peuvent compter pour leur budget familial et ils veulent le conserver” ajoute Marc Ertveldt.

Les familles sont également satisfaites des prestations des caisses d’allocations familiales : 90 % veulent encore pouvoir faire appel à leurs services dans le futur. 

Pour des allocations familiales sélectives ? Oui, mais moins qu’en 2012.

Les parents reconnaissent quasi unanimement l’importance d’un supplément pour enfants handicapés. Ils estiment aussi que les allocations familiales doivent varier en fonction de l’âge et du niveau d’étude de l’enfant :  83% des sondés sont de cet avis. Une large majorité (74%) reconnaît également qu’un autre montant soit accordé en cas de situations familiales défavorisées (parents isolés, orphelins,…). Selon Marc Ertveldt, “Les parents acceptent donc une sélectivité des montants, mais cette conviction est moins présente qu’en 2012.” Les parents considèrent que les revenus du ménage (47%) et la situation professionnelle (36 %) sont moins appropriés pour fixer les montants qu’en 2012 (respectivement 56% et 49% à l’époque). En revanche, l’idée que les allocations familiales doivent être identiques pour tous les enfants gagne du terrain : 58 % y est favorable contre seulement 53 % en 2012. Tout indique que les familles ont tendance à se montrer moins solidaires en matière d’allocations familiales.

Les parents sont ouverts aux alternatives, pour autant qu’elles se rajoutent aux allocations familiales accordées actuellement. Moins d’un parent sur trois adhère à l’idée de bénéficier de moins d’allocations familiales pour mieux organiser la garde des enfants ou pour mieux lutter contre la pauvreté infantile. Seulement 6,2 % des parents estiment que le domicile (Bruxelles, Wallonie, Flandre) est un critère sur lequel se baser pour octroyer un montant différent.

Les employeurs sur la même longueur d’onde que les familles

121 employeurs ont également pris part à l’enquête. Ils expriment la même opinion que les familles et insistent sur la continuité des paiements (94,2%), le lien avec le coût de la vie (87,6%) et la garantie des montants actuels (79,3%). 62 % des employeurs entrevoient aussi dans la réforme de l’Etat l’opportunité de reconsidérer le financement via les cotisations patronales et de réduire ainsi les la pression salariale. 

Le colloque pointe les problèmes et explore de nouvelles pistes

Au plus tard en 2020, les entités fédérées se chargeront elles-mêmes de la réglementation et du paiement des allocations pour leur région ou communauté. Un certain nombre de décisions ont déjà été prises pour préparer le transfert, comme par exemple l’harmonisation des allocations familiales des indépendants, salariés et fonctionnaires à partir du 1er juillet 2014. Mais les entités fédérées seront confrontées à de véritables enjeux qui touchent l’avenir de quelque 2,7 millions d’enfants, et ce, dans un contexte budgétaire fixé.

“Les défis sont énormes”, selon Marc Ertveldt. “Lors du colloque, il est apparu clairement que le secteur se pose encore de nombreuses questions. La complexité ne risque-t-elle pas de s’aggraver avec 4 systèmes régionaux? Pensons notamment aux familles qui déménagent vers une autre région, avec une autre réglementation et d’autres conditions. Comment pourrons-nous garantir la continuité de leurs paiements? Le lien socio-professionnel disparaîtra-t-il complètement? Ne faut-il pas inscrire les allocations familiales dans un politique familiale plus large ? Diversifier les services offerts par les caisses d’allocations familiales?... Une chose est sûre: les opérateurs actuels demandent rapidement de faire la clarté sur leur avenir et la coordination interrégionale.”

Informations générales au sujet de l’enquête et du colloque Partena

Du 10 au 31 mars 2014, Partena a mené une enquête nationale au sujet des allocations familiales dans  le cadre de la 6e réforme de l’Etat auprès de 1100 sondés (953 familles et 121 employeurs), ce qui constitue un échantillon représentatif de la population belge.

Ce jeudi 24 avril à Bruxelles, elle a organisé un colloque sur ce thème, rassemblant les différents acteurs concernés: caisses d’allocations familiales, autorités publiques, partenaires sociaux, académiciens et collaborateurs de cabinets. Le colloque donne le coup d’envoi à l’élaboration d’un mémorandum pour les futures gouvernements.

Présidence

Prof. émérite Pierre Vandervorst (ULB – Administrateur général honoraire de l’ONSS
Prof. Marc De Vos (UGent – Directeur général Itinera) 

Intervenants

Vincentia Michiels (Cabinet du Secrétaire d’Etat Ph. Courard) Tania Dekens (Administrateur général de l’ONAFTS - FAMIFED)
Koen Mortier (Directeur général de l’Association des Caisses d’allocations familiales)
Michel Delforge (Vice-Président de l’Association des Caisses d’allocations familiales)
Martine Becquevort (Directeur Partena Caisse d’allocations familiales)
Yves Coemans (Attaché au Service d’études du Gezinsbond)
Olivier Willocx (Administrateur délégué BECI)
Stijn Gryp (Conseiller Service d’études de l’ACV) 

A propos de Partena Professional

Partena Professional est un prestataire de services qui met résolument l’accent sur l’entrepreneuriat et la gestion du personnel.  Nous soutenons et accompagnons les starters, PME et grandes entreprises dans leurs démarches administratives et leur politique RH. Nous proposons des services en rapport avec la création d’entreprises, le statut social des indépendants, la gestion de la paie, du personnel et de ses allocations familiales, le contrôle médical en cas d’absentéisme, des formations, du conseil juridique et de la consultance RH. Depuis 2012, HDP et Partena forment Partena Professional. 1500 collaborateurs y sont au service de plus de 200.000 entreprises et indépendants, et réalisent 150 millions d’euros de chiffre d’affaires par an.

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Auteur : Marc Ertveldt

24-10-2014